Les premiers «PAYSAGES d'ARTIFICE» datent de 1996, époque à laquelle j'ai quitté Paris pour m'installer dans un petit village situé dans une clairière de forêt, dans le sud de la Picardie.
Depuis cette date, je fabrique dans mon jardin, des structures flexibles et modulables que j'expose aux intempéries, avant de les transposer et les transformer dans le cadre d'Installations in-situ.
D'improvisations en répétitions, d'archaïsme en innovation, de patience en impatience, je joue avec le rythme du temps et le cycle des saisons.
En quelques années, mon atelier à ciel ouvert a beaucoup changé. Sècheresses, tempêtes, hivers rigoureux se sont succédés, beaucoup d'arbres ont disparu pour faire place à une triste prairie. Plus d'ombre l'été, plus d'écrans boisés l'hiver... Cette évolution a de nombreuses incidences sur l'inscription de mon travail dans la nature.
J'utilise la souplesse du langage textile pour créer une passerelle entre la dimension humaine et l'espace collectif.

Je détourne fils métalliques, rubans plastiques, matériaux d'emballage... de leurs usages industriels ou décoratifs, les assemble, les tresse, les plisse... pour matérialiser une frontière ludique prise entre légèreté et rigidité.
Les matériaux sont banals, quotidiens, les gestes sont simples, répétitifs, mais la présence des Installations remodèle le cadre initial.
Légers et transparents, des écrans géants captent la lumière, des constructions géométriques, fluides et aériennes improvisent
une chorégraphie aléatoire avec le vent, pendant qu'une étrange végétation envahit les jardins:
fragiles au coeur des villes,
futiles dans les cadres prestigieux,
artificielles en pleine nature, mes Installations , en confrontation avec les sites, reflètent une remise en question des évidences, des certitudes et des cloisonnements.
Je compose un environnement fugitif qui se situe à la frontière entre paysage et culture.
Le regard s'attarde sur des détails ignorés au quotidien dans un espace paradoxal qui interroge les notions de site et de nature, celles de pérénité et de précarité. Cette distance provoque une réflexion sur nos habitudes et notre société, un réel dialogue s'instaure, les réponses des passants me renvoient souvent une vision insolite de mon travail et leurs interprétations sont parfois le point de départ de nouveaux projets.
J'accorde beaucoup d'importance au temps vécu sur place. Les rencontres, les échanges, les imprévus, les rires font de cette période, un moment festif que je garde en mémoire au même titre que l'inscription de l'oeuvre dans le site.

Weekly Fibre Artist Interview: link
I date my first «PAYSAGES DʼARTIFICE» to 1996, when I left Paris to settle in a small village lost in a southern Picardyʼs clearing.
Since then, I fashion flexible and adjustable structures that I expose to the elements in my garden, before transforming and transposing them as far as in-situ Installations.
From improvisations to repetitions, from archaism to innovation, with patience and impatience, I play with the rhythm of time and seasons.
In recent years, my open-air workshop has been changing much. Droughts, storms and cold winters have succeeded, many trees have disappeared up to clearing a sad meadow.
No more shade in summer, no more wooded protective screen in winter. This change has many implications on the inclusion of my work within nature.
I use the flexibility of the textile language to build a bridge between mankind and the collective space.

I employ metallic threads, plastic ribbons, packing materials with no regards for their industrial or decorative usages, I assemble them, plait them, crease them till I materialize a fun border between lightness and rigidity.These materials are everyday and trite, the gestures are simple and repetitive, but the existence of Installations restructures the original framework.
Thin and transparent screens capture the light, graceful and fluid geometric constructions improvise a random dance with the wind, while a strange flora invades the gardens:
fragile in town,
futile in prestigious surroundings,
artificial in nature, my installations, once they are confronted with the spot I put them up in, reflect a personal questioning about obviousness, certainties and limits.
I make up a fleeting environment placed at the boundary between landscape and culture.
The glance lingers on overlooked details in a paradoxical space that brushes with the notions of area and nature, of durability and precariousness. This distance forces a reflection on our habits and our society. A real dialogue begins as the response of passersby often gives me an unusual vision of my work and sometimes their interpretations are the starting point for new projects.
I attach great importance to the time spent on the spot. The encounters, the exchanges, the unforeseen incidents and the laughs change this period into a festive while that I cherish as well as the inclusion of my work within nature.
